Raphaël Lafargue : Rencontre avec la nouvelle recrue d’Abaca Press

Cette semaine on vous présente Raphaël Lafargue, jeune photojournaliste de talent qui vient d’intégrer Abaca Press. Rencontre avec ce photographe passionné et soucieux de témoigner de l’actualité sociale et politique de notre pays.

Présente-toi

Je m’appelle Raphaël Lafargue, je suis un photojournaliste basé à Paris depuis 2017.

En parallèle d’études de théâtre et de cinéma à La Sorbonne Nouvelle et au Conservatoire du 9eme arrondissement, j’ai peu à peu exploré le monde du photojournalisme en documentant les manifestations contre la loi Travail, le mouvement des Gilets Jaunes ainsi que les évènements politiques à Paris pour Anadolu Agency, l’AFP et Abaca Press.

Convaincu de vouloir me consacrer pleinement à la couverture de l’actualité, j’ai décidé de changer de parcours universitaire. J’ai donc poursuivi mes études avec un Master d’Information-communication à La Sorbonne Nouvelle conclu par un mémoire L’iconographie et le récit de la crise du Covid-19 dans les news magazines. Désormais diplômé, j’ai la chance d’être salarié de l’agence de photo de presse, Abaca Press, depuis Septembre 2021 .

Argentique ou numérique ?

Naturellement numérique puisqu’il s’agit de la technologie de ma génération, mais aussi parce que la rapidité exigée pour le traitement des images dans le métier de photojournaliste rend évidente cette préférence.

Lumière naturelle ou artificielle ?

J’ai toujours préféré les belles lumières naturelles notamment pour les photos de nuit. Je trouve que l’appréhension de la lumière naturelle de par sa nature éphémère ajoute une force incontestable à l’image.

Couleur ou Noir & Blanc ?

Couleur ! Pour moi, les photos Noir et Blanc s’inscrivent dans un champ plus esthétique qu’informatif. En effet, la couleur apporte des éléments de compréhension et ajoute ainsi une dimension essentielle à l’image et à son discours.

On trouve quoi dans ton sac photo ?

Plein de choses ! La contenance de mon sac s’adapte en fonction des reportages photo. Le plus souvent j’ai deux Canon R6 avec un 24 mm, 35 mm, 50 mm, 85 mm et un 70-200. Je travaille essentiellement avec des optiques fixes car j’apprécie beaucoup les grandes ouvertures. Je pense que ce choix résulte aussi d’une préférence personnelle à me déplacer autour de mes sujets.

Raconte nous un reportage photo qui t’a marqué

Lors de la couverture des Gilets Jaunes, j’ai été particulièrement marqué par le jour des débordements autour de l’Arc de Triomphe, je n’avais alors jamais vécu ça, et j’ai eu pour la première fois la sensation de témoigner d’un évènement historique.

En Mars 2020, les rues vidées de leurs passants et la menace épidémique pesante, ont fait du premier confinement une expérience marquante en tant que citoyen mais aussi en tant que photojournaliste à Paris, exacerbant mon intérêt pour l’actualité de crise.

Quels sont les 3 photographes qui t’inspirent ?

Si de nombreux noms m’inspirent, je parlerai ici de trois photographes au travail très différent qui nourrissent ma réflexion.

  • Bulent Kilic, est un photographe que j’estime aussi bien humainement que professionnellement. J’admire sa couverture des conflits et sa capacité à trouver le bon équilibre entre esthétisme, émotion et information.
  • J’aime également beaucoup le travail photographique d’Evgenia Arbugaeva. C’est une photographe russe qui produit des reportages de long terme. Elle propose une facette peu vue de la Russie au travers d’images à la technique parfaite à la limite du surréalisme. Bien que conditionné par la photographie de « news » et sa temporalité très courte, la démarche de sujets réalisés sur le long terme m’inspire aussi.
  • Enfin, Martin Parr compte parmi les photographes dont je suis le travail assidûment. J’aime son regard à la fois juste et décalé sur la société. Je pense en effet, que l’humour apporte une dimension stimulante à la photographie d’actualité.

Quel serait le reportage photo de tes rêves ?

Je ne sais pas dire quel est celui de mes rêves, mais pour moi un reportage photo idéal est un sujet à valeur de témoignage qui joue un rôle informatif décisif. Si bien sûr je désire travailler sur des sujets politiques et sociaux à l’étranger, ça n’est pas toujours la distance ou l’exotisme qui font à mes yeux la valeur d’un reportage.

Quelle est ta photo préférée et pourquoi ?

L’une des photographies de news qui m’a le plus marqué est The Falling Man de Richard Drew. Cette photo sur laquelle n’apparait ni avion, ni tour fumante, a pourtant atteint le statut d’icône. Elle parvient à incarner avec brio les attentats du 11 septembre 2001.

Quels sont tes prochains projets ?

Pour moi, l’année qui vient sera occupée en grande partie par la couverture pour l’agence Abaca Press des Elections présidentielles françaises. L’occasion de témoigner par l’image d’un moment crucial dans la vie politique et sociale du pays.

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