Rencontre avec Jean-Michel Psaïla, directeur et fondateur d’Abaca

Vous connaissez certainement son nom… Jean-Michel Psaïla fait partie des figures connues et reconnues des agences de presse photo. Mais savez-vous vraiment qui est Jean-Michel ?

À travers cet entretien, nous avons essayé de répondre à cette question et de dresser le portrait du fondateur d’Abaca Press. Photographe, journaliste, père de famille et homme de caractère, nous avons rencontré cet homme dont le chemin personnel et professionnel est riche d’épreuves, de petites et grandes réussites et d’anecdotes.

Jean-Michel Psaïla revient sur son parcours, ses débuts dans le métier aux côtés de son maitre spirituel et professionnel Gökşin Sipahioğlu, la création de son agence Abaca Press il y a plus de 25 ans et son métier de photojournaliste.

 

Peux-tu nous raconter comment tu as créé Abaca Press ?

Je suis un autodidacte, curieux de la vie et j’aime voyager. À 21 ans, alors que je suis en Ouganda pour une mission humanitaire, je rencontre un photographe de guerre, José Nicolas, à travers l’association humanitaire Hôpital sans Frontières. Je découvre son métier de photojournaliste et le trouve fantastique. À ses côtés, un déclic s’opère en moi. Et en rentrant à Paris après 2 ans en Afrique, José Nicolas me présente un homme extraordinaire : Gökşin Sipahioğlu. C’est un grand journaliste turc, photographe de guerre, créateur de l’agence Sipa. Mais aussi il a formé énormément de photographes et de patrons d’agence au métier de photojournaliste.

Cette rencontre a changé ma vie, littéralement. Je l’ai regardé, je l’ai écouté, j’ai appris le métier à ses côtés. Après quelques années passées à travailler dans le groupe de presse, Éditions Mondiales, comme directeur de service photo dans deux de leurs titres, j’ai décidé de me lancer et de monter ma propre agence.

C’est ainsi qu’Abaca a été créée en 1993. Je me suis lancé dans cette aventure avec deux associés : Christophe Guibbaud, grand photographe et aujourd’hui Directeur de la Photographie à la Fédération Française de Tennis, et Robert Laponce, également photographe qui travaillait pour la Seine Saint-Denis.

D’où vient le nom de l’agence « Abaca » ?

À la création de l’agence, nous avons cherché un nom. Avec Christophe et Robert, nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord. Robert a alors pris un dictionnaire et l’a ouvert : ABACA était le premier mot qu’il a trouvé. On s’est dit que ça sonnait bien et que le fait de que ce soit le premier mot du dictionnaire nous permettrait d’être toujours en première ligne des listes et des accréditations, devant l’AFP.

Pour l’anecdote, Abaca est le nom d’un bananier des Philippines.

Qui es-tu Jean-Michel ? 

Qui est Jean-Michel ? Je dirais que Jean-Michel c’est quatre enfants, cinq petits-enfants, et une vie bien remplie. Jean-Michel c’est un cerveau qui continue à avoir 25 ans avec un corps qui n’a pas l’âge de son cerveau. J’essaie de mener une vie professionnelle et personnelle la plus riche possible.

Je suis aussi passionné par mon métier, par les rencontres, par la vie, les changements du monde. Je suis à l’écoute de toutes les idéologies qui prévalent aujourd’hui : le climat, mais aussi les différentes prises de conscience qui résultent de notre histoire et de l’évolution de notre monde. Je suis très curieux de savoir ce qui va se passer dans les années à venir.

Quelle est la plus belle réussite d’Abaca ?

La plus belle réussite de l’agence, c’est qu’après 25 ans elle existe encore ! Nous avons créé une marque, Abaca Press, un nom, et obtenu une vraie reconnaissance de la profession par rapport à ce que l’on produit journalistiquement. Nous pouvons tous être fiers de ce que nous avons construit et réussi à faire perdurer. Nous sommes un groupe d’êtres humains, de copains de travail ; des copains de travail qui ont réussi à rester ensemble malgré toutes les difficultés de ce métier et notamment la mutation digitale qui a fortement impacté le monde de la presse traditionnelle.

Les épreuves ont été nombreuses, et c’est avec fierté que l’agence a fêté ses 25 ans récemment. Je pense que la plus grosse réussite de l’agence aujourd’hui réside dans le fait que, tous, nous nous levons le matin avec l’envie d’aller travailler, de nous retrouver et d’échanger pour trouver quels seront les prochains sujets que nous allons lancer.

Quel est ton plus beau souvenir chez Abaca ?

Mon plus beau souvenir, c’est le jour où j’ai couvert l’investiture de Barack Obama à Washington, le 20 janvier 2009. Je sentais que je vivais un moment historique ! J’ai été témoin d’un évènement exceptionnel. En photographiant cette cérémonie, j’ai eu l’impression de participer à écrire et garder la trace d’une page de notre Histoire. Et de voir ensuite nos photos publiées, ça été à la fois fabuleux et très émouvant. L’investiture de Barack Obama en tant que 44e Président des États-Unis reste l’un des évènements les plus regardés à la télévision et sur le web. C’est en témoignant de moments forts de notre Histoire que notre métier de photojournaliste prend tout son sens.

La magie de ce métier, pour moi, c’est de voir tous les jours des photographes qui continuent à témoigner de ce genre d’événement. Les photographes ont ce don de retranscrire une Histoire qui évolue sans cesse, en se portant toujours garants d’une émotion.  Nous collaborons avec des photographes de tous les âges, de 25 ans à 60 ans, et quand nous arrivons à mixer ces générations, pour moi qui en suis le chef d’orchestre et qui m’approche de la fin de ma carrière, je trouve cela exceptionnel et réellement magique.

La plus belle parution dans la presse de l’agence ?  

Toutes les parutions sont belles. Je me réjouis tout autant d’avoir un quart de page dans l’Humanité que d’être en couverture de Paris Match. C’est une reconnaissance du visuel que l’on a créée et cela donne un sens à ce que l’on fait, un sens à notre vie professionnelle mais aussi à notre vie personnelle car ce métier c’est aussi et surtout une vraie passion.

Peux-tu nous parler d’une photo que tu aimes particulièrement ?

Ma photo préférée… c’est celle que l’on va faire demain. Une actualité en chasse une autre. La photographie et l’image me passionnent, mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est cette notion de témoignage. Je ne m’attache pas à une image, je m’attache au travail que l’on fait tous les jours, à la perception que l’on peut avoir à photographier les émotions du monde. La photo de demain sera toujours mieux que celle que l’on a faite hier.

Quelle est la suite d’Abaca et de Jean-Michel  ?

Pour moi, la suite consistera à laisser la place aux jeunes. Abaca Press c’est une équipe que j’ai vu évoluer à travers les années, et en qui j’ai entièrement confiance. J’ai une adjointe, Isabelle Castoldi, qui est en train de s’organiser pour reprendre la direction de la société : cette transition est en train de se faire tranquillement, dans la compréhension et dans le respect des uns et des autres.

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